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Une cohabitation entre chats réussie : mode d’emploi en 5 étapes !

Accueillir un nouveau chat à la maison : comment faire ?

Et si on adoptait un autre chat ? Comment gérer la cohabitation entre chats ?

Le chat tient aujourd’hui une place de choix dans nos foyers avec, selon une étude de la FACCO*, plus de 16.6 millions de représentants en 2024. Ce chiffre est en constante augmentation au fil des années, ce qui témoigne de sa popularité et de l’attachement qui lui est porté. Le chat s’est particulièrement bien adapté à nos vies humaines, dans les milieux urbains comme à la campagne. Il a su développer des compétences, une forme de docilité ainsi que des modes de communication pour se faire comprendre et communiquer avec les humains.

Mais qu’en est-il de ses capacités et de ses besoins à vivre avec ses congénères ?

Les statistiques le montrent, bon nombre de chats sont amenés à vivre avec un ou plusieurs de leurs congénères. “La multi-possession est plus répandue chez les propriétaires de chats que ceux de chiens (31,9% des possesseurs de chats possèdent 2 chats ou plus).”(1) Cette cohabitation, souvent forcée, peut parfois être source de conflits entre chats, d’inquiétude pour les propriétaires. Est-ce une bonne idée d’adopter un second chat ? Mon chat s’ennuie-t-il tout seul ? Cet article vous aidera à vous poser les bonnes questions et à disposer des clés pour une bonne cohabitation.

cohabitation-entre-chats

Le chat, un caractère plutôt social ou solitaire ?

Le chat est un chasseur solitaire, réputé plus territorial que social. En effet, il sait vivre seul et n’a pas véritablement besoin de vivre avec ses congénères. Il peut néanmoins avoir une vie sociale élémentaire. D’ailleurs, rien que pour la préservation de l’espèce, les rencontres, les relations sont nécessaires. La mise au monde des chatons et la vie avec leur fratrie avant l’acquisition de leur autonomie est le terreau des relations sociales qui conditionne les capacités d’adaptation et la tolérance du futur adulte. Une bonne socialisation à travers la présence de la mère et de la fratrie pendant idéalement 3 mois est donc essentielle.

À l’état naturel, il n’est pas rare de voir se former des groupes dans les campagnes ou les villes, sans parler des cohabitations induites sinon imposées par l’Homme comme nous l’évoquions en introduction. La disposition du chat à vivre avec l’homme, le chien ou tout autre animal fait de lui un animal sociable.

La hiérarchie chez le chat est complexe, subtile, variable et pas toujours visible. Dès qu’il y a 2 chats en présence, une organisation s’installe, notamment sur l’accès aux ressources : reproduction, nourriture, territoire. Les rapports, l’organisation et les comportements entre individus dépendent de la quantité des ressources disponibles et de la personnalité des individus en présence. Une relation s’installe. Des systèmes de communication basés sur des interactions affiliatives et agonistiques permettent de maintenir des relations entre les membres d’un groupe et de réduire les agressions. Contrairement à ce qui est observé dans les sociétés animales hiérarchisées, l’accès aux ressources alimentaires n’est pas strictement régulé chez les chats. Les conflits entre individus d’un même groupe sont peu fréquents : le plus souvent, ceux-ci se tolèrent ou s’évitent. Le développement de signaux de communication adaptés est donc extrêmement important pour le maintien de relations pacifiques au sein des groupes de chats.

Les erreurs à éviter pour éviter les conflits

Il existe de nombreuses raisons et causes pouvant être à l’origine d’une cohabitation difficile ou pire vouée à l’échec. Car, en effet, il faut être honnête, on ne peut jamais garantir que l’entente fonctionne entre deux chats.

Avant même d’adopter un second chat, ou plus, il convient d’être au clair avec sa motivation. Pourquoi adopter un chat supplémentaire ? Soucieuses du bien-être et de l’épanouissement de leur chat, de nombreuses personnes s’interrogent. De là partent les projections, “mon chat a l’air de s’ennuyer”…”je travaille toute la journée mon chat est seul, il est peut-être malheureux”…. et de ces questionnements arrivent les réponses forgées par nos croyances et nos modèles humains. Et dans ces cas précis, une des réponses souvent apportée est : “il doit avoir besoin de compagnie”, “il se sentira mieux avec un copain, il pourra jouer et avoir des interactions”. Le risque d’une mauvaise interprétation de la situation est réel, car purement anthropomorphique !

Il est également important d’évaluer la situation avant d’avoir une autre boule de poil à la maison. En effet, il est essentiel de considérer l’âge, le tempérament et l’histoire de vie du ou des chats déjà présents dans la maison avant d’agrandir la famille. Plus le chat aura eu l’occasion de vivre avec ses congénères au cours de sa vie, plus il aura de chance d’accueillir dans les meilleures dispositions un nouveau compagnon. Les chances d’une adaptation maximale sont accrues si le 1er chat à moins de 2 ans. Inutile de préciser que pour un chat âgé, accueillir un chaton à la maison peut être un vrai bouleversement. Le statut sexuel peut avoir également des conséquences, mélanger mâle castré et mâle entier peut générer plus de conflits et plus, il y a de mâles plus les comportements de marquages sont importants.

Quand la décision est prise et que le jour J arrive, la première erreur à éviter est la rencontre directe, sans précaution préalable ni processus progressif. Croire que tout se passera forcément bien est risqué, pas impossible bien sûr, mais mieux prévenir, car une mauvaise première expérience peut créer une aversion qui sera plus longue à corriger. Présenter les chats en cage de transport est également déconseillé, le ou les chats prisonniers ne pouvant fuir peuvent déjà enregistrer une expérience négative et l’autre chat sera synonyme de stress, d’anxiété, faux départ donc ! Voyons comment procéder pour prendre toutes les précautions requises.

Les présentations en 5 étapes

Pour mettre toutes les chances du côté des chats pour une bonne cohabitation, patience, méthode et observation sont indispensables !

→ Etape 1 : Préparer l’arrivée du nouveau chat.

Aménager une pièce pour lui avec toutes les ressources nécessaires à ses besoins, son confort et son bien-être : points de nourriture et d’eau, litière, zones de repos, surfaces en hauteur, cachettes, en utilisant si possible celles qu’il avait précédemment comme le type de substrat, ses jeux ou les odeurs d’une couverture. Plus il aura de repères, plus il sera apaisé. Ainsi protégé, à l’écart, il pourra intégrer progressivement les bruits et les odeurs de son nouveau foyer.

� Petite astuce, si cette pièce était utilisée par le ou les chats de la maison, anticiper la fermeture de l’accès quelques semaines avant l’arrivée du petit dernier pour ne pas générer stress et frustration.

→ Etape 2 : Echanger les odeurs des deux chats

Le chat capte son environnement et les informations grâce entre autres à son odorat. Avant même un contact visuel, il est préférable de passer par cette étape du repère olfactif pour déjà créer une association positive. Frotter délicatement un linge sur les joues, le haut de la tête, les flancs du nouveau chat et le présenter au(x) chat(s) de la maison, et inversement.

� Petite astuce, lors de la présentation des odeurs ajoutait un élément qui favorisera la perception du chat : friandises, caresses, …. en bref, ce qu’il aime particulièrement. Et ce afin que l’odeur soit associée à quelque chose de positif.

→ Etape 3 : Echanger les espaces du foyer

Cette étape se poursuit à distance sans contact visuel. L’objectif est d’échanger les chats de place, sans qu’ils se voient. Le transfert est donc à organiser avec prudence. Disperser des friandises dans l’espace de chacun et les laisser explorer l’environnement. Cela leur permet de se familiariser encore un peu plus avec les odeurs, notamment avec les litières. Opérer par séquences d’une heure, deux à trois fois par jour pendant une semaine.

� Petite astuce, si les chats feulent, crachent, n’explorent pas c’est que le processus est trop rapide ! Ne pas hésiter à revenir à l’étape précédente pour s’adapter au tempo du ou des chats.

→ Etape 4 : Rapprochement à distance.

Toujours sans contact visuel, distribuer la nourriture de chacun des chats à 1 ou 2 mètres de chacun des côtés de la porte fermée. Normalement les chats devraient manger, si ce n’est pas le cas, reculer la gamelle du chat qui ne mange pas jusqu’à ce que la distance lui soit confortable et qu’il mange. Puis à chaque repas, rapprocher les gamelles de la porte fermée.

� Petite astuce. Utiliser de la nourriture, des friandises à haute valeur – auxquelles il(s) ne résiste(nt) pas – afin de le(s) motiver et de renforcer le plaisir.

→ Etape 5 : La mise en contact dans l’environnement

Les chats mangent normalement, se reniflent sous la porte sans cracher ni feuler, passer à l’étape suivante : l’ouverture de la porte. Prévoir une barrière ou système pour prévenir tout risque d’agression. Positionner les gamelles avec de la nourriture très appétente à distance de chacun des deux côtés de la porte puis entrouvrir la porte afin que les chats se voient. Objectif : que les chats mangent sereinement, si c’est le cas, refermer la porte une fois le repas terminé. Si toutefois l’un des chats ne mange pas ou feule, reculer sa gamelle jusqu’à atteindre une distance confortable. Objectif : éviter une expérience négative. Réitérer ce même processus pour les prochains repas en rapprochant les gamelles de quelques centimètres à chaque repas. S’ils mangent et que tout se passe bien, rapprocher, dans le cas contraire, reculer. Etre présent et attentif pour pouvoir fermer la porte en cas d’attaque de l’un des chats.

� Petite astuce. Pour favoriser le climat d’entente, utiliser des diffuseurs d’hormones ou méthodes naturelles qui réduisent le stress et augmentent le bien-être du chat.

chat-cohabitation

Les conditions d’une bonne cohabitation

Une fois les étapes de présentation effectuées et réussies, c’est l’heure de la cohabitation. Il est important de laisser les chats interagir ensemble et de ne pas s’alarmer au moindre signe d’agressivité ou de tension. Les chats ont besoin de “signer des contrats” ensemble pour cohabiter sereinement. Pendant ces conflits, il est déconseillé d’intervenir en séparant ou punissant les chats. Il est préférable de les laisser gérer leur entente, tout en gardant un œil attentif. Quoiqu’il arrive, un accord doit être trouvé, s’ils en sont empêchés, il est probable que l’intensité et la fréquence des tensions augmentent. Pendant toute la durée de la mise en contact et les semaines qui suivent, il est judicieux de récompenser toutes les interactions positives entre eux.

Au fil des jours, une organisation va se mettre en place entre les chats sur qui mange où, qui dort où, qui élimine où… Vous l’avez compris leur cohabitation se fera autour des ressources ! Pour que la cohabitation se poursuive dans les meilleures conditions, il est indispensable de multiplier et disperser les ressources dans l’environnement afin que chacun trouve sa place et d’éviter la rareté de ces dernières et donc la concurrence :

  • points d’eau et de nourriture
  • gamelles ludiques
  • bacs à litière
  • espaces en hauteur de différentes hauteurs
  • postes d’observation vers l’extérieur
  • cachettes
  • griffoirs
  • jeux

Plus il y a de choix, plus les chats cohabitent pacifiquement. Ce qui diminue drastiquement les risques de conflits.

Outre l’environnement, les ressources et les interventions de l’humain, il est essentiel de respecter les besoins éthologiques du chat de façon générale, comme une alimentation adaptée en libre-service, un emplacement approprié des griffoirs, un nombre suffisant de litières, répondre aux besoins d’activité….

Vous l’avez compris, accueillir un nouveau chat à la maison est une affaire qui peut être délicate, l’entente entre deux chats n’étant jamais garantie ! Outre de possibles conflits potentiellement violents entre les chats, des troubles de la cohabitation – c’est-à-dire des comportements manifestés par le chat témoignant de sa difficulté à vivre avec un congénère – peuvent s’exprimer de diverses manières. Les symptômes sont variables comme l’apathie, les léchages compulsifs, les agressions redirigées vers l’humain….etc Tout changement de comportement est à observer et à considérer.

* Facco : Fédération des fabricants d’aliments pour chiens, chats, oiseaux et autres animaux familiers.

(1) Etude “Les ménages français et leurs animaux de compagnie : une analyse à partir de l’enquête Budget deuxième chat de Famille 2011”

La marche en laisse avec son chien est souvent perçue comme uniquement une question d’éducation canine : apprentissage des ordres, gestion des distractions… Pourtant, un facteur essentiel est fréquemment négligé : la posture et les émotions du maître lui-même. 

Plusieurs recherches en psychologie et en éthologie montrent que notre façon de marcher en tant qu’humain reflète notre état émotionnel, mais peut aussi l’influencer. Cette réalité entraine des conséquences directes sur le chien, particulièrement lors des balades. 

chien en balade

La démarche humaine : un indicateur démotions 

Des études en psychologie comportementale ont démontré que les observateurs sont capables d’identifier l’état émotionnel d’une personne uniquement à partir de sa démarche (Montepare & Zebrowitz, 1993 ; Michalak et al., 2009). Une posture voûtée et une marche lente sont associées à des émotions négatives, tandis qu’une démarche dynamique et ouverte renvoie une image plus positive. 

Plus encore, les travaux de Michalak (2009) ont montré que modifier volontairement sa démarche peut influencer l’état émotionnel, notamment en réduisant les pensées négatives. Le corps agit donc comme un levier bidirectionnel entre posture et émotions. 

Le chien, un spécialiste de la lecture des signaux humains 

Les chiens ont développé, au cours de la domestication, une capacité unique à lire le langage corporel humain. 

Une étude de Müller et Schmitt (2014) a démontré que les chiens sont capables d’interpréter les émotions humaines à partir de signaux visuels, auditifs et olfactifs. D’autres recherches (Turcsán et al., 2015) confirment que les chiens ajustent leur comportement en fonction de l’état émotionnel de leur propriétaire. Enfin, des travaux sur la synchronisation émotionnelle (Buttelmann & Tomasello, 2013) montrent que les chiens peuvent adopter des réponses émotionnelles alignées avec celles de leur humain. On pourrait donc parler de contagion émotionnelle, de la part de l’humain sur son chien. 

cours avec un éducateur canin

Comment cela est retranscrit dans la marche en laisse ? 

Le lien entre l’état émotionnel du maître et le comportement du chien est particulièrement visible lors des balades et d’autant plus en marche en laisse. Une étude de Sundman et al. (2019) a mis en évidence une corrélation entre le niveau de stress du propriétaire et celui du chien, mesuré via le cortisol. Cela signifie que le stress humain peut se transmettre directement au chien et de multiple façon. La première est liée aux hormones que nous dégageons, que le flair surpuissant du chien capte facilement. Ces odeurs lui donnent un énormément d’indications sur notre état émotionnel et il adaptera son comportement au vôtre. Ensuite, tout au long de la balade, il remarque nombre de signaux corporels qui peuvent avoir une influence sur son comportement.   

Concrètement, un humain stressé aura tendance à : 

  • Tendre et tirer la laisse  
  • Adopter un rythme de marche irrégulier  
  • Anticiper les dangers, tressaillir, sursauter…  

Ces signaux sont perçus par le chien comme des indicateurs d’un environnement potentiellement menaçant, ce qui peut entraîner : 

  • Traction en laisse dû au surplus d’émotion 
  • Hyper vigilance  
  • Potentielle réactivité (aboiements, saut sur les passants…) 

Si l’humain adopte une posture détendue et un rythme stable, l’état émotionnel du chien sera plus apaisé et il pourra se concentrer sur sa balade. Un humain en confiance, avec une posture droite et stable, est sécurisant pour un chien.

Améliorer la marche en laissde son chien en modifiant son propre comportement 

Les données scientifiques confirment qu’il est essentiel de ne pas se concentrer uniquement sur le chien pour améliorer la marche en laisse. 

Plusieurs ajustements simples peuvent avoir un impact significatif : 

  • Adopter une démarche fluide et régulière  
  • Relâcher les tensions corporelles  
  • Réguler sa respiration  
  • Maintenir une posture stable et droite 

Ces éléments permettent d’envoyer des signaux cohérents et rassurants, facilitant l’apaisement du chien. La relation entre l’humain et le chien repose sur une communication permanente, en grande partie non verbale. Les recherches sur la contagion émotionnelle et la synchronisation physiologique montrent que le chien ne réagit pas uniquement aux ordres, mais aussi à l’état interne de son propriétaire. Cette dimension est essentielle pour comprendre certains comportements en balade.

La qualité de la marche en laisse ne dépend donc pas uniquement des apprentissages du chien. Elle repose aussi sur la capacité du maître à gérer son propre état émotionnel et sa posture. En travaillant sur sa manière de marcher et ses émotions lors des balades, il est possible d’améliorer significativement la qualité des sorties tout en renforçant la relation avec son animal. Adopter cette approche permet d’aller au-delà des techniques classiques pour s’inscrire dans une compréhension plus globale et plus efficace du comportement canin. 

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