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Comprendre le comportement animal avec le CEEPHAO

L'animal n'est pas le problème, il en est le symptôme | Livre blanc CEEPHAO
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L'animal n'est pas le problème, il en est le symptôme

Comprendre, se former, accompagner : l'approche systémique appliquée à la relation humain-animal

Sophie Trihan, dirigeante et formatrice au CEEPHAO
En bref

Un chien qui aboie ou tire en laisse, un chat qui marque son territoire : ces comportements n'expriment pas un simple défaut d'éducation, mais un signal à replacer dans son histoire, ses émotions, son environnement et sa relation avec l'humain. C'est ce que propose l'approche systémique, développée par le CEEPHAO depuis 1997 et enrichie depuis 2022 par sa dirigeante Sophie Trihan, en croisant éthologie, théorie de l'attachement et neurosciences affectives. Le CEEPHAO forme à cette posture via 4 parcours professionnalisants (éducateur canin, comportementaliste animalier, médiation par l'animal, prévention des risques), en petits groupes de 12 à 14 stagiaires, avec un taux de réussite de 99 %, ouverts à toute personne en reconversion, sans prérequis scientifique.

Introduction

Pourquoi certains éducateurs canins obtiennent-ils des progrès durables, alors que les mêmes difficultés réapparaissent ailleurs malgré l'application sérieuse de techniques reconnues ? Pourquoi deux chiens qui aboient, tirent en laisse ou réagissent à leurs congénères ne peuvent-ils pas toujours être accompagnés de la même manière ?

Devenir éducateur canin ou comportementaliste animalier ne consiste pas seulement à apprendre des exercices. Le futur professionnel doit savoir observer l'animal, comprendre ses apprentissages et ses émotions, repérer les effets de l'environnement, écouter l'humain et analyser les interactions qui entretiennent ou apaisent la difficulté.

Un chien qui aboie sans cesse, qui tire en laisse, qui mord sans prévenir, un chat qui marque sur les vêtements de son propriétaire ou qui griffe « sans prévenir... » : face à ces situations, le réflexe est presque toujours le même. On cherche à corriger le comportement, une technique, un dressage, une méthode qui fera taire le symptôme.

Ce livre blanc propose une lecture complémentaire du comportement du chien et du chat : non comme un dysfonctionnement isolé, mais comme un signal à replacer dans son histoire, son état émotionnel, son environnement et la relation humain-animal.

L'objectif n'est pas d'opposer les méthodes, mais d'élargir le regard. À partir de l'éthologie, de la théorie de l'attachement, des neurosciences affectives et de la pensée systémique, ces pages montrent ce qu'une formation professionnelle peut transformer : la capacité à comprendre avant d'agir, à observer avant de conclure et à accompagner sans culpabiliser.

C'est dans cette perspective que le CEEPHAO a développé, dès 1997, une approche systémique appliquée à l'animal de compagnie, une transposition originale de la pensée systémique aux réalités concrètes de la relation humain-animal. Cette démarche a été renforcée et enrichie par les théories de l'attachement et des neurosciences depuis 2022 par Sophie Trihan, dirigeante du CEEPHAO.

Une science accessible et directement utile

Il n'est pas nécessaire d'être chercheur, vétérinaire ou spécialiste en neurosciences pour entrer dans cette approche. Les notions scientifiques présentées ici servent de repères : elles deviennent concrètes lorsqu'elles sont reliées à l'observation d'un animal, à son environnement et aux interactions quotidiennes avec son humain.

À qui s'adresse ce guide ?

  • Aux personnes qui envisagent une reconversion et souhaitent comprendre le métier d'éducateur canin ou de comportementaliste animalier avant de choisir leur formation.
  • Aux professionnels de l'éducation canine, du comportement animal et de la médiation animale qui recherchent une approche plus globale de leurs situations de terrain.
  • Aux propriétaires qui veulent mieux comprendre ce que le comportement de leur chien ou de leur chat peut exprimer, sans réduire l'animal à une étiquette.
Définition — Approche systémique appliquée à l'animal de compagnie

Une démarche d'observation et d'accompagnement qui analyse simultanément le comportement de l'animal, son état émotionnel, son histoire, ses apprentissages, son environnement et les interactions avec les humains. Elle cherche à comprendre les boucles relationnelles qui participent à l'apparition, au maintien ou à l'apaisement d'une difficulté.

Aux origines : la domestication du chien et l'ère du chien de travail

Avant de comprendre pourquoi les méthodes d'éducation ont évolué, il faut remonter plus loin encore : à la domestication elle-même. Car la relation humain-chien ne commence pas avec le collier ou la friandise, elle commence il y a plusieurs dizaines de milliers d'années, dans un processus de coévolution qui a façonné les deux espèces.

Une coévolution vieille de plusieurs millénaires

Les données archéologiques et génétiques situent la divergence entre le loup et le chien domestique entre 40 000 et 15 000 ans avant notre ère. Les chercheurs continuent de débattre de la date précise, mais convergent sur un point : le chien est la première espèce domestiquée par l'humain, bien avant l'élevage du bétail.

Deux hypothèses s'affrontent sur la manière dont ce processus a débuté. La première, dite de la domestication active, suppose que des humains auraient capturé et élevé délibérément des louveteaux. La seconde, aujourd'hui privilégiée par une majorité de chercheurs (dont l'éthologue Raymond Coppinger), propose un scénario d'auto-domestication : les loups les moins farouches auraient progressivement gagné à s'approcher des campements humains pour profiter des déchets alimentaires, initiant une sélection naturelle en faveur de la tolérance à la proximité humaine, sans intention humaine délibérée au départ.

L'expérience Beliaïev : sélectionner la tolérance, pas la docilité

Ce mécanisme de sélection sur la seule tolérance au contact humain a été spectaculairement reproduit en laboratoire par le généticien soviétique Dmitri Beliaïev, à partir de 1959, sur des renards argentés. En sélectionnant sur plusieurs générations uniquement les renards les moins craintifs envers l'humain, Beliaïev a observé l'apparition rapide de traits que personne n'avait sélectionnés directement : oreilles tombantes, queues recourbées, pelage tacheté, et un comportement général plus juvénile (néoténie).

Ces travaux illustrent une idée importante pour la lecture systémique développée dans ce livre blanc : la docilité et la sociabilité envers l'humain ne sont pas de simples comportements appris, mais des traits profondément ancrés biologiquement, un socle qu'aucune méthode éducative, aussi rigoureuse soit-elle, ne peut ignorer ni recréer à elle seule.

Le chien de travail : une relation fonctionnelle avant tout

Une fois domestiqué, le chien n'a pas immédiatement rejoint le foyer humain au sens où on l'entend aujourd'hui. Pendant l'essentiel de son histoire commune avec l'humain, il a occupé une fonction de chien de travail, spécialisée selon les besoins locaux :

  • Chien de garde et de protection du bétail (types molossoïdes)
  • Chien de troupeau, sélectionné pour rassembler et guider (border collie, berger allemand...)
  • Chien de chasse, subdivisé selon la tâche : lévriers pour la vitesse, chiens courants pour le pistage olfactif, terriers pour le débusquage
  • Chien de trait et de traîneau dans les régions nordiques
  • Chien de guerre et de garde militaire, dressé dès l'Antiquité

Dans cette configuration, la relation humain-chien était avant tout fonctionnelle et codifiée par la tâche à accomplir. Le chien vivait le plus souvent à l'extérieur du foyer, dans un cadre de vie stable et prévisible. C'est précisément ce cadre qui explique pourquoi le conditionnement opérant linéaire (un ordre, une action, une conséquence) a longtemps suffi : l'environnement affectif du chien de travail était peu chargé émotionnellement, contrairement à celui du chien de compagnie moderne.

C'est cette bascule progressive, du chien de travail au chien de compagnie, puis au chien membre de la famille à part entière, que nous allons maintenant retracer.

Observer l'animal dans sa relation aux autres

Observer l'animal dans sa relation aux autres

Comprendre cette histoire n'est pas un détour théorique : c'est elle qui vous permettra, demain sur le terrain, de repérer en un coup d'œil si un comportement relève d'un besoin non satisfait, d'une empreinte de sélection ancienne, ou d'une tension purement relationnelle.
À retenir

Le chien s'est domestiqué par auto-sélection de la tolérance à l'humain (Coppinger), confirmée expérimentalement par les renards de Beliaïev. Le chien de travail vivait dans un cadre peu chargé émotionnellement ; le chien de compagnie moderne, lui, est en immersion affective constante dans le foyer — ce qui explique pourquoi les méthodes d'éducation ont dû évoluer.

Pourquoi articuler apprentissages, émotions et relation ?

Pour comprendre notre démarche, il est utile de poser un regard historique sur l'évolution de la relation humain-animal. Les méthodes fondées sur le conditionnement opérant ont apporté des outils précieux et restent pertinentes dans de nombreuses situations. En consultation, certaines problématiques complexes invitent toutefois à les compléter par une lecture plus large des dimensions émotionnelles, relationnelles et environnementales.

Trois grandes périodes se sont déjà succédé dans l'histoire de l'éducation canine et une quatrième s'écrit actuellement :

Frise historique des méthodes d'éducation canine : méthode militaire, méthode positive, méthode CEEPHAO, perspectives

Cette frise montre une évolution progressive : de la contrainte vers une meilleure compréhension des besoins, puis de l'individu isolé vers la relation et le contexte.

L'approche systémique ne rejette pas les apports du renforcement positif. Elle les intègre dans une lecture plus large, attentive aux émotions, à l'environnement et aux interactions qui façonnent le quotidien du binôme.

De l'animal de travail au membre de la famille

Pendant longtemps, le chien a été un chien d'utilité, de garde, de troupeau ou de chasse. Dans ce cadre de vie distancié et segmenté, le conditionnement opérant linéaire fonctionnait : un ordre, une action, une récompense ou une punition.

La transition : l'époque du chien de compagnie et l'avènement du positif

Puis, le chien a quitté la cour pour franchir le seuil de la maison : il est devenu un chien de compagnie. C'est précisément à cette époque que se sont développées les méthodes d'éducation positives, remplaçant la contrainte physique par la motivation, la friandise, le jeu ou le clicker.

Les méthodes positives demeurent essentielles. Lorsqu'elles sont mobilisées seules, elles peuvent cependant accorder davantage de place au comportement observable qu'à l'état émotionnel de l'animal. L'approche systémique ne les remplace pas : elle les complète en intégrant l'histoire du binôme, son environnement et la dynamique relationnelle.

L'animal, membre de famille à part entière

Aujourd'hui, l'animal occupe une place à part entière comme membre de la famille. Il partage notre canapé, notre lit, nos rythmes de vie citadins et, surtout, notre intimité psychologique.

L'impact de la fusion affective sur les circuits de Panksepp

  • La charge mentale et émotionnelle : le chien ou le chat est désormais exposé en continu à nos propres variations émotionnelles. Il absorbe ce climat par contagion émotionnelle.
  • La saturation des circuits de crise : un chien membre de la famille fait l'objet d'attentes affectives immenses qui peuvent sur-activer ses systèmes de PEUR, de RAGE ou de PANIQUE/CHAGRIN.

Le CEEPHAO propose ainsi d'enrichir les compétences techniques de l'éducateur ou du comportementaliste par une compréhension globale de la relation.

À retenir

Trois méthodes d'éducation se sont succédé : la méthode militaire fondée sur la dominance (1910-1980), la méthode positive fondée sur le renforcement (1980-2010), puis l'approche systémique du CEEPHAO depuis 1997, enrichie par les neurosciences depuis 2022. Chaque étape a apporté des outils utiles ; l'approche systémique ne les rejette pas, elle les intègre dans une lecture plus large.

Perspectives : vers une approche encore plus intégrative

Le CEEPHAO poursuit cette trajectoire historique en faisant évoluer ses modèles au rythme des connaissances, intégrant les apports récents de la welfare science (science du bien-être animal) et de la cognition animale.

  • La science du bien-être : indicateurs physiologiques, comportementaux et posturaux objectifs pour valider scientifiquement l'état de bien-être réel de l'animal.
  • La cognition animale moderne : comprendre comment le chien et le chat perçoivent, traitent et mémorisent leur environnement pour ajuster nos interactions.

En croisant la systémie, les neurosciences affectives, la science du bien-être et la cognition animale, le CEEPHAO fait évoluer, sous l'impulsion de sa dirigeante Sophie Trihan depuis 2022, l'approche systémique appliquée à l'animal de compagnie.

1. Les apports et les limites d'une approche uniquement comportementale

L'approche comportementale classique observe un comportement gênant, en identifie le déclencheur immédiat, et propose une méthode pour le supprimer ou le remplacer.

Les méthodes d'apprentissage, en particulier lorsqu'elles s'appuient sur le renforcement positif, peuvent produire des résultats concrets. Dans certaines situations, ces progrès peuvent toutefois rester fragiles lorsque les facteurs émotionnels, médicaux, environnementaux ou relationnels ne sont pas également explorés.

« La question n'est pas comment faire cesser ce comportement, mais que cherche-t-il à exprimer, et dans quel système apparaît-il ? »

Face aux problématiques complexes, le conditionnement opérant gagne à être associé à d'autres grilles de lecture : éthologique, émotionnelle, médicale, environnementale et relationnelle.

2. Qu'est-ce que l'approche systémique appliquée à la relation humain-animal ?

La pensée systémique trouve ses racines dans la thérapie familiale, les travaux de Gregory Bateson et l'école de Palo Alto. Elle postule qu'un individu ne peut être compris isolément, mais à travers le système de relations dans lequel il évolue. À partir de ces fondements, le CEEPHAO a développé, dès 1997, l'approche systémique appliquée à l'animal de compagnie — une démarche renforcée depuis 2022 par sa dirigeante, Sophie Trihan. Cette approche considère :

  • L'interconnexion constante : l'animal et son référent humain forment un système en interaction continue.
  • La réponse adaptative : un comportement « problématique » est souvent une réponse adaptative à une tension du système.
  • La boucle de rétroaction : chaque action de l'humain entraîne une réaction de l'animal, qui modifie en retour le comportement de l'humain.
  • Le concept du « patient désigné » : l'animal porte et exprime une tension qui appartient à l'ensemble du système familial.

3. Les fondements scientifiques de l'approche

Cette lecture systémique s'appuie sur plusieurs champs de recherche complémentaires. Chacun apporte une pièce du puzzle, sans prétendre expliquer à lui seul toutes les situations.

3.1 La théorie de l'attachement (Bowlby, Ainsworth, Topál)

John Bowlby a montré que la qualité du lien précoce structure durablement la capacité à réguler ses émotions. Mary Ainsworth a formalisé les styles d'attachement à travers le protocole de la « situation étrange ». József Topál a étendu ce cadre au chien domestique : le chien peut développer un attachement comparable à celui d'un jeune enfant envers sa figure parentale.

3.2 Les neurosciences affectives (Panksepp)

Jaak Panksepp a mis en évidence sept systèmes émotionnels primaires communs à l'ensemble des mammifères.

SystèmeTypeFonction
RECHERCHEPositifExplorer, anticiper les récompenses.
JEUPositifApprentissage social, développement physique.
SOINPositifInstinct parental, protection des jeunes.
DÉSIR SEXUELPositifReproduction de l'espèce.
PEURNégatifFuite, immobilisation, survie.
RAGENégatifCombat face à la frustration.
PANIQUE / CHAGRINNégatifDétresse de séparation.

3.3 Ce que cela change en pratique

Le comportement du chien ou du chat peut être envisagé comme un signal produit à l'intersection de son histoire, de son état émotionnel, de ses apprentissages et de ses relations.

À retenir

Trois piliers scientifiques soutiennent l'approche systémique : la théorie de l'attachement (Bowlby, Ainsworth, Topál), les neurosciences affectives (Panksepp, sept systèmes émotionnels), et l'éthologie. Ensemble, ils aident à formuler de meilleures hypothèses, pas des certitudes absolues.

4. Le chien ou le chat « symptôme » : illustrations cliniques

Dans cette approche intégrative, le professionnel considère les motifs de consultation non comme des défauts propres à l'animal, mais comme des signaux à replacer dans son histoire, son environnement et ses relations.

Exposition contrôlée et observation environnementale

Exposition contrôlée et observation environnementale

Aboiements excessifs

Au-delà du simple manque d'éducation, les aboiements répétés peuvent signaler une hypervigilance apprise, dans un foyer où les figures d'attachement sont elles-mêmes anxieuses ou imprévisibles.

Anxiété de séparation chez le chien

Elle peut être associée à une insécurité d'attachement et être influencée par les interactions entourant les départs et les retrouvailles.

Marquage urinaire et éliminations hors bac à litière

Après avoir écarté une cause médicale, l'élimination hors du bac peut être liée à l'aménagement des ressources, à un changement de territoire, ou à une tension dans l'environnement familial.

Agressivité « sans prévenir » du chien ou du chat

Une agression perçue comme soudaine a souvent été précédée de signaux discrets : détournement du regard, raideur, éloignement ou léchage de truffe.

Tirer en laisse

Comportement technique en apparence, il peut aussi traduire un déséquilibre dans la régulation mutuelle du couple humain-chien.

À retenir

Aboiements excessifs, anxiété de séparation, marquage urinaire, agressivité soudaine, tirage en laisse : dans chacun de ces cas fréquents, le comportement visible masque le plus souvent une cause plus large (attachement, environnement, communication, santé) qu'une intervention technique seule ne suffit pas toujours à résoudre durablement.

5. Apprendre à lire le système, pas seulement le comportement

Une lecture systémique solide repose sur quatre capacités complémentaires : observer le système dans son ensemble, identifier les boucles relationnelles, accompagner l'humain autant que l'animal, et s'appuyer sur les connaissances scientifiques actuelles.

Concrètement, cette lecture systémique se déploie sur le terrain en cinq étapes :

1

Observer — le comportement, l'état émotionnel, l'histoire, les apprentissages et le contexte du binôme.

2

Relier — identifier les interactions et les boucles de rétroaction qui entretiennent ou apaisent la difficulté.

3

Formuler des hypothèses — écarter la cause unique, hiérarchiser les pistes sans surinterpréter.

4

Agir — choisir des ajustements éducatifs, environnementaux et relationnels adaptés.

5

Réévaluer — observer les effets de l'accompagnement et ajuster le plan si nécessaire.

6. Du savoir scientifique au regard professionnel

Cette manière de comprendre la relation humain-animal trouve des applications dans plusieurs métiers : éducation canine, accompagnement comportemental, médiation par l'animal, prévention des risques. Le CEEPHAO propose à ce titre une formation professionnalisante à chacun de ces métiers, accessible en reconversion et éligible à différents dispositifs de financement (France Travail, OPCO selon les parcours).

Se former à cette posture, c'est apprendre à ne pas réduire une situation à une étiquette, accepter la complexité, et construire des réponses adaptées à chaque histoire.

Ce que la formation transforme

Elle ne demande pas de devenir scientifique. Elle apprend à traduire les connaissances scientifiques en décisions concrètes : observer les signaux faibles, comprendre les besoins, analyser les interactions, sécuriser le binôme et construire un accompagnement progressif.

Une approche portée par l'expérience du terrain

Sophie Trihan

Sophie Trihan dirige le CEEPHAO et forme les futurs professionnels de la relation humain-animal. Son travail consiste à relier les connaissances issues de l'éthologie et de la psychologie à l'observation concrète des familles, des animaux et de leurs interactions.

Choisir une formation au CEEPHAO, c'est apprendre des techniques d'éducation et d'accompagnement, mais aussi développer un regard professionnel.

Cette posture est transmise au sein de quatre parcours professionnalisants :

6.1 L'Éducateur Canin Systémicien

Les futurs éducateurs apprennent à dépasser la seule contrainte physique, en mobilisant les systèmes de RECHERCHE et de JEU pour construire une relation de confiance et des autocontrôles durables.

Mise en situation pratique en formation éducateur canin

Mise en situation pratique en formation éducateur canin

6.2 Le Comportementaliste Animalier Systémicien

Les stagiaires développent une double compétence : une éthologie approfondie, canine et féline, et une posture d'accompagnement humain.

Exercice de confiance en formation comportementaliste

Exercice de confiance en formation comportementaliste

6.3 Le Praticien en Médiation par l'Animal

Ce parcours forme à la mise en place d'une triangulation relationnelle (praticien, animal, bénéficiaire) auprès de publics vulnérables.

Le lien humain-animal au cœur de la médiation

Le lien humain-animal au cœur de la médiation

6.4 La méthode PRACC

Cette formation dédiée à la sécurité enseigne l'analyse prédictive des signaux de bascule, les techniques de désescalade et la gestion physique non violente des situations à risque.

Lecture des signaux de communication entre chiens

Lecture des signaux de communication entre chiens

Comment choisir une formation d'éducateur canin ou de comportementaliste ?

Le nombre d'heures ne suffit pas à juger un parcours. Voici les critères à examiner, quelle que soit la formation envisagée :

☐ Programme clair
Des objectifs pédagogiques précis, pas seulement une liste de thèmes.
☐ Pratique encadrée
Observation, mises en situation, manipulation sécurisée, retours individualisés.
☐ Double regard
Compétences sur l'animal et compétences d'accompagnement de l'humain.
☐ Éthique et bien-être
Respect de l'intégrité physique et émotionnelle de l'animal.
☐ Évaluation
Des critères explicites pour vérifier les compétences réellement acquises.
☐ Cadre professionnel
Limites du métier, orientation vétérinaire, prévention des risques.
☐ Projet d'activité
Un accompagnement pour transformer la formation en pratique professionnelle réaliste.

Questions fréquentes sur les métiers et les formations

Peut-on se reconvertir dans les métiers du comportement animal ?

Oui, mais une reconversion réussie demande davantage qu'une passion pour les animaux. Elle suppose d'apprendre à travailler avec les humains, à gérer des situations parfois sensibles, à respecter un cadre professionnel et à construire progressivement son activité.

Qu'apporte l'approche systémique à l'éducation canine ?

Elle élargit l'analyse au-delà du comportement visible. Elle observe les interactions entre l'animal, ses humains et son environnement, ainsi que les boucles de rétroaction qui peuvent maintenir ou apaiser une difficulté.

Pourquoi étudier l'éthologie et les neurosciences affectives ?

Ces disciplines aident à distinguer ce qui relève des besoins de l'espèce, des apprentissages, de l'état émotionnel ou du contexte, et à formuler des hypothèses plus rigoureuses.

La théorie à distance suffit-elle à acquérir les compétences de terrain ?

Les apports théoriques peuvent être travaillés à distance, mais l'observation, la manipulation sécurisée et la conduite d'un entretien nécessitent des mises en pratique encadrées.

Faut-il choisir une formation en présentiel ou à distance ?

Le nombre d'heures ne suffit pas à juger une formation : il faut examiner son programme, la place de la pratique, l'encadrement et les méthodes d'évaluation.

Quelle différence entre un éducateur canin et un comportementaliste animalier ?

L'éducateur canin accompagne principalement les apprentissages et la vie quotidienne du binôme. Le comportementaliste analyse plus largement les difficultés comportementales, émotionnelles, environnementales et relationnelles.

Puis-je suivre cette formation même si je n'ai aucune connaissance scientifique ?

Oui. Aucun bagage préalable en biologie, en psychologie ou en neurosciences n'est requis. Les notions scientifiques sont enseignées progressivement, à partir de cas concrets et d'exercices pratiques.

Conclusion

Photo : Karine Dubois Photographe

Photos : Karine Dubois Photographe

Regarder l'animal comme un être sensible inscrit dans une histoire et dans un réseau de relations transforme notre manière de l'accompagner.

Le comportement cesse alors d'être seulement quelque chose à faire disparaître. Il devient une information : une invitation à observer les besoins, les émotions, l'environnement et les interactions qui donnent sens à ce qui se passe.

Comprendre avant de corriger, relier avant d'isoler, accompagner sans juger : c'est peut-être là que commence une relation plus apaisée et plus respectueuse entre les humains et les animaux.

Passer de la lecture à la pratique

Le métier d'éducateur canin ou de comportementaliste animalier demande de savoir observer, expliquer, sécuriser et accompagner. Les formations du CEEPHAO proposent d'apprendre cette posture à travers des apports scientifiques accessibles, des études de cas et une pratique sur le terrain encadrée.

Sources bibliographiques et références officielles

  • Coppinger, R. & Coppinger, L. — Dogs: A New Understanding of Canine Origin, Behavior and Evolution
  • Beliaïev, D. — travaux sur la domestication expérimentale du renard argenté (Novossibirsk, dès 1959)
  • Bowlby, J. — Attachment and Loss
  • Ainsworth, M. — travaux sur les styles d'attachement et le protocole de la situation étrange
  • Topál, J. et al. — recherches sur l'attachement chien-humain comparé à l'attachement enfant-parent
  • Panksepp, J. — Affective Neuroscience: The Foundations of Human and Animal Emotions

Document produit par le CEEPHAO - Centre d'Étude en Psychologie Humaine et Animale de l'Ouest, Saint-Brieuc.

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